Chronique dans le Dauphiné !

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Extrait du Dauphiné, le 04 juillet.


Chronique dans Rock & Folk !

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C’était dans le numéro de Rock & Folk du mois de mai 2012 (n°537), dans la section “Qualité France” par Hervé M. :

On prend un ancien chanteur punk savoyard, on ajoute un adepte de home studio parisien évoluant entre electro et blues-rock, on mixe le tout et on obtient Roman Generation qui, quatre ans après ses débuts, en est déja à son second album. Privilégiant l’option acoustique et l’expérimentation instrumentale (bruitages et instruments divers), le duo opère une sorte de croisement insolite entre folk et cold wave et distille une grâce crépusculaire

Merci à lui !


Chronique – Discordance

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Roman Generation – Reverse, par le webzine Discordance

Avec un membre venu du punk et un autre venu des musiques électroniques, Roman Generation est un improbable duo, à cent lieues de leurs influences originelles. Définissant eux-mêmes leur musique comme « folk / cold-wave », ils mélangent étrangement guitare folk, chants vaporeux et instruments du terroir (la cornemuse de Lullaby), le tout pimenté par quelques intrusions electro. Original, déroutant, et terriblement captivant.


Chronique – Jeyrom Doe

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Roman Generation – Reverse, par Jeyrom Doe

Après un premier album réussi, Roman Generation était forcément attendu au tournant. Plus noir qu’un café colombien, leur premier opus flirtait avec le « concept album » avec ses joyaux aux mélodies universelles et une intimité ravageuse. Loin des standards hi-fi monocordes Roman Generation a rapidement annoncé une suite qui porterait le nom de « Reverse ». En tant que fan de la première heure, je me suis demandé si ce serait simplement un prolongement « JetPlane » ou le contre pied de titres à l’épaisse carapace qui ne se laissent pas toujours aimer par les premiers venus.

Toute la force du groupe s’est révélée là. Empreint d’une personnalité sans compromis, Roman Generation a le talent de créer des chansons, des hymnes in-copiables dont ils sont les seuls détenteurs, qui nous touchent au plus profond de notre être sans savoir d’où elles viennent. Derrière un emballage proche de son prédécesseur, « Reverse » dévoile la nouvelle profondeur du duo. Dès le premier titre, une nouvelle ambition est affichée. Les compositions ont gagné en cohérence, la (auto-)production est maîtrisée et une impression générale d’assurance se dégage très vite de la voix et des choix empruntés.

Ce qui est marquant, c’est que Roman Generation se construit une identité avec « Reverse ». Un précieux sésame qui s’affirme d’autant plus en live. Les mélodies ont une douceur à la Elliott Smith tout en étant malmenées par une rythmique digne d’une envoutante locomotive (« Lullaby »). Maintenant mieux enraciné, le groupe s’ouvre à d’autres sonorités avec la cornemuse et le violon qui complètent l’équilibre mélodique sans le bouleverser.

Après s’être beaucoup cherché à ses débuts, Roman Generation a progressé à pas de géant. Les influences sont bien présentes (Joy Division, Elliott Smith, Johnny Cash, Wooden Wand, The Doors, The Pixies, The Smashing Pumkins, Noir Désir et même Lagwagon …) mais elles sont digérées et expliquées avec leurs émotions, leurs mélodies et leur univers. « Hypnotique » dès les premières notes, envahissant parfois avec des ambiances sombres et inquiétantes (Intrusion, Damage, Awakening), intimidant de part ses confidences nostalgiques et intimistes (Mispretender), « Reverse » nous trouble à son écoute. Comme une pièce d’art contemporain qui se doit de nous faire réagir, les chansons s’enchainent dans ce qui ressemble à une vraie déclaration d’amour à la vie … vue à travers un kaléidoscope de marque « Roman Generation » (Blue, True Love Never Dies, Black Magic).

« Reverse » reste sans compromis et affirme un concept qui marie les sentiments et les émotions contradictoires à merveille. Ce n’est pas calibré, on aime ou on n’aime pas. Si quelques fois on pourrait craindre que le groupe sombre dans la dispersion, il est dommage que le côté rock, pourtant sous jacent, ne soit pas plus exploité. C’est sans doute dans pour assumer plus facilement les titres en live.

Bon travail les gars !


Un titre, le making of …

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Comme vous le savez forcément, Roman Generation est un groupe totalement autoproduit, autofinancé, autoenregistré, etc.

Cela implique que pour créer un album nous passons par des étapes de composition, d’enregistrement, d’arrangements, de mix et de mastering.

Tous ces termes nous sont familiers mais sont peut être un peu obscurs pour certain d’entre vous.

Je vous propose donc pas-à-pas de voir comment se compose un morceau, du premier enregistrement à la version finale qui sera présentée sur l’album.

Prenons par exemple le titre “Everyday is Nausea” de l’album “Jetplane” …







Composition

Généralement, Roman débarque chez moi un soir avec sa guitare, des paroles griffonnées sur une demi feuille A4 avec la rythmique principale et éventuellement quelques idées d’arrangements.

Il joue une première fois le morceau, comme ça, à blanc pour chauffer les doigts et la voix, et me permettre de voir un peu où on va.

A ce stade, généralement aucune prise de son, puisqu’on fait le véritable enregistrement dans la foulée …





Enregistrement

A partir de la première écoute, on détermine le tempo du morceau qui nous permet de caler le métronome pour les prises de son.

Un tempo régulier est non seulement important pour avoir quelque chose de constant tout au long du morceau, mais c’est aussi bien pratique lors des arrangements : le logiciel de montage se base sur ce tempo pour déterminer les mesures, demi mesures etc. et adapte l’ergonomie en conséquence (drag&drop, copier coller, etc).



On attaque généralement par la prise de guitare, qui nous permet de poser la rythmique principale.

Roman a le métronome au casque tout au long de la prise et on colle un micro (SM57) pas loin de la guitare.

Sur “Everyday is Nausea” entre 1’20 et 1’50, nous avons donc à l’issue de cette première prise : Step 1
Généralement, la prise est doublée (on rejoue très exactement la même chose), ce qui permet de masquer les petites imperfections et donner un peu plus de pêche à la rythmique : Step 2


On passe ensuite au chant : on supprime le métronome et on diffuse dans le casque les 2 prises de guitare précédentes : Step 3
Sur ce morceau, on a choisi de doubler également la voix : Step 4
A ce stade, on a la base du morceau : la rythmique, la composition d’accords, la structure du morceau et les paroles.

C’est suffisant pour reconnaitre le morceau, sympa autour du feu, mais sur la chaîne Hifi à 5000€ de papa, ça crachotte un peu.

Concrètement, sur le Step 4 on constate que :

  • Les guitares sont trop fortes par rapport aux voix (aucun mix effectué pour l’instant)
  • Ca sonne “plat” (pas de reverberation)
  • C’est pas très “péchu” (pas de compression)
  • C’est un peu simpliste (aucun arrangement)

Avant de travailler plus sur le morceaux (en rajoutant des pistes d’arrangements), on effectue généralement un premier mix en ajoutant quelques effets.

Tout ceci sera affiné par la suite, mais l’idée est de pouvoir écouter un premier rendu rapide pour imaginer ce qu’il serait sympa de rajouter.

On obtient ceci : Step 5
Concrètement, on a baissé les guitares, ajouté de la reverb (beaucoup sur les guitares notamment), de la compression.







Arrangements

Ce qu’on appelle généralement des “arrangements”, c’est tout ce qui est rajouté sur la base du morceau.

Pour imaginer un peu mieux, la base du morceau c’est ce qu’on appellerait une version acoustique. Entre Creep de Radiohead version acoustique et la version CD, il y a les arrangements (et un poil de disto).

En fonction des morceaux, on va rajouter sur cette première base :

  • des choeurs
  • des overdub (parties de guitare généralement courtes qui renforcent certaines parties du morceau)
  • des solos de guitare
  • des lignes de basses, batterie..
  • des parties au synthé
  • un peu tout et n’importe qui .. (des bruits d’oiseaux, des tuyaux en PVC qui tournent … vraiment n’importe quoi)



Après un ajout de choeurs, on obtient : Step 6
Et après un ajout d’une incroyable partition au synthé : Step 7
Sur ce step 7, les choeurs ont été fortement baissés pour laisse un peu de place lors de la prise de son du synthé (si on met tout à fond au casque pour l’enregistrement, on n’entend plus rien).

On constate aussi que le clavier attaque un peu brusquement, c’est pas bien finaud.







Le Mix

L’étape du mix est assez cruciale et souvent longue. Il s’agit de :

  • Régler le volume des pistes les une par rapport aux autres
  • Supprimer les pistes qui n’apportent rien au final
  • Eventuellement rajouter des pistes qui manqueraient
  • Mettre des effets sur certaines pistes et les régler proprement



Le mix se fait généralement sur des enceintes de “monitoring” qui ont la particularité de bien faire ressortir toutes les fréquences du morceau.

On ne flatte pas particulièrement les basses, ca ne sonne pas “pop”, pas “jazz”, ca sonne “comme ca est”. Typiquement, cela permet de détecter des anomalies et erreurs lors des prises de son (un “plop” sur une fin de pistes, quelqu’un qui se mouche dans la pièce d’a coté, des basses qui saturent, etc.).

On va écouter ensuite tout cela de nombreuses fois, à tête reposée, sur des enceintes/caques différents et reprendre le process de mix en boucle jusqu’a ce qu’on ne trouve plus rien à redire.

En sortie, sur nos 30 secondes de Everyday is nausea, cela donne : Step 8






Mastering

C’est un peu l’étape la plus mystique de la création d’un album …

Basiquement, l’objectif est de faire en sorte que le morceau “sonne” qu’il fasse ressentir à la personne qui écoute ce que l’on veut qu’il ressente et que le morceau passe bien sur votre iPod et sur le poste radio de la cuisine de votre grand mère.

En pratique cette étape est réalisée la plupart du temps par une personne qui n’a pas travaillé sur les étapes précédentes de l’album.

Celle-ci arrive donc avec un regard neuf et extérieur sur les morceaux et se charge d’uniformiser le tout.

Pour la personne qui a fait le mix, ce qu’il livre est “”"parfait”"”, donc il aurait du mal à faire en sorte que cela sonne mieux …

Bref, a grand coups de compression, d’équalizer, de reverb, etc. on obtient : Step 9
Un hit totalement interplanétaire, prêt a monter au plus haut des charts et faire passer le dernier titre de Britney Spears pour une repet’ de votre petit neveu dans le garage des parents.







Et combien de temps cela prend ?

Poser la base du morceau est assez rapide et se fait souvent en 2/3h.

Du coté des arrangements c’est assez variable, en fonction du morceau cela peut prendre de 1h (finalement on ne met rien de plus) et 10h (plusieurs tentatives, beaucoup de pistes..).

Ensuite le mix prend quand à lui environ 4h par morceau, idem pour le mastering.

Pour créer un album, il faut aussi prendre en compte la selection des morceaux (tout ce qui a été enregistré ne finira pas forcément sur l’album), la création de la pochette, etc.

Au final, la création complète d’un album prend environ 1 an, à raison de 3/4h par semaine soit un total de 150 à 200h !